La Palma

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Caldera géante, ciel étoilé classé Starlight, volcan Tajogaite et forêts de laurisilve : La Palma, l'île la plus sauvage des Canaries, se mérite et se savoure.

Posée à l'extrême nord-ouest des Canaries, La Palma cultive une identité à part. Surnommée La Isla Bonita, cette île triangulaire de 708 km² échappe encore au tourisme de masse et concentre, sur un territoire compact, des paysages que peu de destinations peuvent aligner : un cratère géant tapissé de pins, des coulées de lave fraîchement sorties de terre, des forêts de laurisilve hors du temps, des plages de sable noir et l'un des ciels les plus purs de la planète. Classée « Réserve de la Biosphère et Destination Starlight », La Palma s'adresse à celles et ceux qui cherchent une nature brute, des villages préservés et un rythme lent.

La Palma en bref

  • Pays : Espagne (Canaries), océan Atlantique
  • Superficie : 708 km², 5e île de l'archipel
  • Population : 85 000 habitants, 14 municipalités
  • Point culminant : Roque de los Muchachos, 2 426 m
  • Capitale : Santa Cruz de La Palma
  • Labels : Réserve de la Biosphère UNESCO, Destination Starlight
  • Aéroport : SPC, à 8 km de Santa Cruz, vols Madrid et Barcelone
  • Meilleure période : mai à octobre pour la randonnée et la plage
  • Spécificité 2024 : marquée par l'éruption du volcan Tajogaite (Cumbre Vieja, 2021)

Pourquoi visiter La Palma ?

La Palma n'est pas une île de farniente standardisée. C'est un terrain de jeu pour randonneurs, astronomes amateurs et amoureux de volcans. La cinquième île des Canaries condense en quelques heures de route une diversité de paysages que d'autres destinations mettent une semaine à dévoiler.

Vous y trouverez l'une des plus grandes calderas du monde, des sentiers GR balisés sur toute sa longueur, des coulées de lave encore tièdes dans les mémoires, des bananeraies, des salines roses au sud et des forêts primaires au nord. Le tout sans foule, avec un tissu local de petits producteurs, vignerons et artisans qui n'a pas cédé au tout-tourisme.

Pour qui aime marcher, observer le ciel ou comprendre la géologie en marchant dessus, La Palma vaut le détour bien plus qu'un week-end.

À voir, à faire à La Palma

Le Parque Nacional de la Caldera de Taburiente

Au centre de l'île, la Caldera de Taburiente est l'attraction reine. Cet immense cratère d'effondrement de 8 kilomètres de large, enveloppé d'une forêt de pins des Canaries, fait partie des réserves de la biosphère de l'UNESCO. Les parois plongent sur près de 2 000 mètres de dénivelé.

Le parc se découvre à pied. Le sentier classique part du Mirador de los Brecitos et descend jusqu'à la Playa de Taburiente avant de remonter par le Barranco de las Angustias. Comptez 6 à 7 heures de marche pour 14 km, dénivelé négatif marqué. Une bonne condition physique est requise et une navette 4x4 est nécessaire pour accéder au point de départ.

Le Roque de los Muchachos et le ciel étoilé

Culminant à 2 426 mètres, le Roque de los Muchachos abrite l'un des plus grands observatoires astrophysiques de l'hémisphère nord. La pollution lumineuse y est strictement encadrée, ce qui a valu à l'île son label Starlight. Le ciel y est tellement pur que les télescopes du site comptent parmi les plus performants au monde pour l'observation des galaxies lointaines.

L'accès se fait en voiture par une route bien entretenue depuis Santa Cruz (environ 1h30). Les randonneurs aguerris peuvent y monter à pied via le GR 131, en plusieurs heures d'ascension. Visites guidées de l'observatoire en journée, sur réservation uniquement. Prévoyez vêtements chauds : la nuit, la température chute fortement, même en été.

Le volcan Tajogaite et l'éruption de Cumbre Vieja (2021)

En septembre 2021, le volcan baptisé Tajogaite est entré en éruption sur la dorsale de Cumbre Vieja, dans la vallée d'Aridane. Pendant 85 jours, des coulées de lave ont englouti plus de 1 200 hectares, recouvrant villages, bananeraies et la station balnéaire de Puerto Naos. C'est la plus longue éruption historique de l'île.

Aujourd'hui, le site se visite dans le cadre de parcours encadrés. Des sentiers permettent de longer les coulées refroidies, d'observer les nouveaux cônes et de comprendre comment la population reconstruit. Visiter Tajogaite n'est pas un acte touristique anodin : c'est aussi soutenir une économie locale qui se relève.

La forêt de laurisilve de Los Tilos

Au nord-est de l'île, dans la municipalité de San Andrés y Sauces, Los Tilos protège une forêt de laurisilve, vestige de la flore qui couvrait le bassin méditerranéen avant les glaciations. Mousses, fougères arborescentes, lauriers centenaires : on marche dans une atmosphère humide, presque tropicale, sous une canopée dense.

Plusieurs sentiers partent du centre d'accueil. Le plus accessible mène en 1h aller-retour à la cascade de Los Tilos. Les marcheurs plus engagés enchaînent jusqu'au Marcos y Cordero et ses 13 tunnels d'eau (lampe frontale obligatoire).

Fuencaliente et les salines du sud

À la pointe sud, Fuencaliente concentre les paysages volcaniques les plus jeunes de l'île. Le sentier des volcans, sur le GR 131, traverse les cônes de San Antonio et Teneguía (dernière éruption avant Tajogaite, en 1971). En contrebas, les Salinas de Fuencaliente déclinent leurs damiers rose et blanc face à l'Atlantique. Un restaurant sur place sert poissons grillés et sel maison.

Santa Cruz de La Palma, le centre historique

La capitale, classée site historique et artistique, se découvre à pied en quelques heures. Commencez par la Calle Real, artère pavée bordée de maisons à balcons de bois sculpté. Vous y trouverez le marché, les boutiques et les principaux édifices civils.

Cap ensuite sur la Plaza de España, cœur de la ville, avec son hôtel de ville Renaissance, l'église El Salvador et sa fontaine. Poursuivez par la Plaza del Borrero et l'Alameda. Au port, le Barco de la Virgen, réplique grandeur nature de la Santa María, abrite un petit musée naval. Comptez une demi-journée pour le centre.

Les plages de sable noir

La Palma n'est pas une île de plages au sens classique, mais ses criques de sable noir volcanique ont leur charme. Playa de Nogales, sur la côte est, impose son arc sauvage entre falaises. Charco Azul et La Fajana, au nord, alignent des piscines naturelles aménagées dans la roche basaltique. Puerto Naos, longtemps fermée après l'éruption, retrouve progressivement son activité.

Culture, traditions et gastronomie

Tous les cinq ans, l'île se met à l'heure de la Bajada de la Virgen de las Nieves. Cette tradition ancestrale, qui se déroule durant l'été (prochaine édition lustrale en 2025), descend la Vierge depuis son sanctuaire jusqu'à Santa Cruz. Le moment fort reste la Danza de los Enanos, la danse des nains, où des danseurs costumés en grands seigneurs se transforment en lutins en quelques secondes. La Semana Grande et la Semana Chica rythment le reste des festivités.

Côté table, la cuisine palmera est rustique et généreuse. Les papas arrugadas con mojo (petites pommes de terre cuites en robe avec leur sel, sauces verte au coriandre ou rouge piquante) accompagnent presque tous les plats. La viande de porc noir canarien, les fromages de chèvre fumés et le queso palmero (AOP) méritent un détour en marché. Sur les tables, demandez les vins de La Palma, en particulier les blancs de cépage Malvasía, doux ou secs, élevés sur sols volcaniques. L'artisanat textile et la fabrication de cigares (héritage de la migration cubaine) restent vivants à Breña Alta et San Andrés y Sauces.

Randonnée : les sentiers GR 130 et GR 131

La Palma est l'une des îles les mieux balisées des Canaries pour la marche. Deux grands itinéraires structurent le réseau :

  • GR 130 « Camino Real » : 158 km en boucle autour de l'île, suivant les anciens chemins royaux. Découpage classique en 8 étapes, accessible par tronçons.
  • GR 131 « El Bastón » : 78 km du nord au sud, traversant la crête centrale. Étape phare : la Ruta de los Volcanes, du Refugio del Pilar à Fuencaliente, 24 km exigeants mais inoubliables.

De nombreux PR (sentiers de petite randonnée) complètent le maillage. Cartes et traces GPS sont disponibles sur le site officiel Senderos de La Palma.

Quand visiter La Palma ?

Le climat est doux toute l'année sur les côtes, plus frais et humide à l'intérieur. Voici un découpage saisonnier pour caler votre voyage :

  • Mai à juin : la meilleure fenêtre. Temps stable, températures de 20 à 25 °C, sentiers verts, peu de monde.
  • Juillet à août : haute saison locale. Chaleur supportable grâce aux alizés, mais sites populaires plus fréquentés. Période des grandes fêtes.
  • Septembre à octobre : excellente arrière-saison. Mer chaude, ciel pur idéal pour l'astronomie, vendanges sur les coteaux.
  • Novembre à février : saison des pluies, surtout au nord. Côte ouest et sud restent praticables. Idéal pour qui cherche le calme absolu.
  • Mars à avril : transition douce, floraison des amandiers en altitude.

Comment s'y rendre et se déplacer

L'aéroport international de La Palma (SPC) se situe à 8 km de Santa Cruz, dans la municipalité de Villa de Mazo. Il est relié quotidiennement à Madrid et Barcelone, ainsi qu'aux autres îles canaries (Tenerife, Gran Canaria). Depuis la France, le trajet le plus simple passe par une escale à Madrid ou par Tenerife Nord (TFN).

Par la mer, des ferries assurent la liaison depuis Los Cristianos (Tenerife sud) avec les compagnies Naviera Armas et Fred Olsen. Comptez 2h30 à 4h selon le navire. Une option pratique pour qui voyage avec sa voiture.

Sur place, le réseau de bus (guaguas) couvre les principaux axes à tarif modique, mais les fréquences restent limitées hors de Santa Cruz. Pour explorer l'intérieur, les miradors et les départs de randonnée, la location de voiture reste la solution la plus souple. Les routes sont sinueuses : prévoyez large sur les temps de trajet.

Où dormir à La Palma

L'hébergement palmera privilégie le petit format : maisons rurales, casas, pensions familiales et boutique-hôtels. Aucun resort géant ici.

  • Petits budgets (15-30 €/nuit) : guesthouses et pensions à Santa Cruz ou Los Llanos de Aridane, idéales pour rayonner en voiture. Ambiance simple et locale.
  • Moyenne gamme (60-120 €/nuit) : casas rurales rénovées dans les villages de l'intérieur (El Paso, Tijarafe, San Andrés). Souvent en pierre, avec terrasse et jardin. Le meilleur rapport authenticité-confort.
  • Haut de gamme (150 €+/nuit) : quelques boutique-hôtels et lodges design, certains avec spa et vue sur l'Atlantique, surtout sur la côte ouest et autour de Tazacorte.

Réservez tôt pour les mois de juillet-août et pour les périodes de la Bajada.

Pour qui ?

  • Randonneurs : terrain idéal, balisage exemplaire, dénivelés sérieux.
  • Amateurs d'astronomie : un des meilleurs ciels du monde, observatoires accessibles.
  • Curieux de géologie et de volcans : Tajogaite, Teneguía, Cumbre Vieja en accès direct.
  • Voyageurs en quête de calme : peu de foule, rythme lent, villages préservés.
  • Familles avec ados : pour les activités nature, moins adapté aux jeunes enfants (peu de plages aménagées).

Moins recommandé pour qui cherche une île de farniente avec grands hôtels en bord de mer ou une vie nocturne animée.

Conseils insider

  • Voiture obligatoire : la vraie liberté ici se conquiert au volant. Réservez avant l'arrivée, surtout en haute saison.
  • Prévoyez des couches : 25 °C sur la côte, 5 °C au Roque de los Muchachos. Le même jour.
  • Mer de nuages : visez le Mirador de la Cumbrecita ou le Roque en fin de journée pour la voir se former sous vos pieds.
  • Eau et provisions en randonnée : peu de points de ravitaillement sur les sentiers de crête.
  • Réservation Caldera : la navette 4x4 pour Los Brecitos doit être réservée la veille.
  • Achetez local : marché de Santa Cruz le samedi matin, vins en cave directe à Fuencaliente, fromages dans les fincas.
  • Respectez les zones de l'éruption : certaines coulées sont encore chaudes en sous-sol et l'accès est réglementé.

Notre expert local de l'agence vous oriente vers les sentiers correspondant à votre forme et organise les réservations sur place.

Questions fréquentes

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Questions fréquentes

Cinq à sept jours permettent de couvrir l'essentiel : Caldera de Taburiente, Roque de los Muchachos, Los Tilos, le sud volcanique et Santa Cruz. Pour randonner sérieusement sur les GR, prévoyez dix jours.

Oui, dans le cadre de parcours encadrés autour du volcan Tajogaite. Plusieurs sentiers et points de vue sont ouverts. Certaines zones restent fermées pour raisons de sécurité ou de gaz résiduels.

Oui pour les familles actives avec enfants en âge de marcher. Moins indiquée pour les très jeunes : plages limitées et reliefs prononcés. Les sites comme Los Tilos, Charco Azul ou la Cumbrecita restent accessibles.

Très fortement recommandé. Le réseau de bus est limité et les meilleurs panoramas, départs de randonnée et villages se trouvent en dehors des grandes lignes desservies.

De mai à octobre, hors nuits de pleine lune. Le ciel est plus stable en été et en début d'automne. Réservez à l'avance si vous souhaitez une visite guidée de l'observatoire du Roque.

Pas de vol direct depuis la France. Le plus simple est une correspondance à Madrid ou Barcelone, ou un vol vers Tenerife Nord puis un vol intérieur ou un ferry depuis Los Cristianos (2h30 à 4h).

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